A la rencontre d’une femme plurielle, le Dr Colette Njomgang-Fonkeu

Femme politique et médecin ophtalmologue, le Dr Colette Njomgang-Fonkeu est la représentation parfaite de la femme entreprenante. Avec les armes que sont, ses réalisations et l’énergie dont elle dispose, elle est celle que l’on admire pour son caractère et sa propension à réussir tout ce qu’elle entreprend. De nature serviable et humble, la Camerounaise d’origine a pour principal atout d’incarner les valeurs comme le travail,  la détermination et le courage. C’est une femme de cœur et de poigne qui fait partie des vingt femmes d’origine africaine les plus influentes de la Belgique.

Le Dr Colette Njomgang-Fonkeu accorde une interview à l’équipe de vitrine africaine présente à son bureau dans la commune d’Etterbeek cet après-midi.

  • Docteur, bonjour et merci de nous accorder cet entretien.  Pour commencer qu’est-ce qui vous emmène en politique ?

Je n’ai pas usé d’une stratégie pour entrer en politique, les choses sont arrivées naturellement. Tout part de mon caractère serviable. J’ai toujours aimé rendre service. Mon métier de médecin à la base me permet de côtoyer des personnes en difficulté. C’est pourquoi je me sens toujours interpellée par la souffrance de ces dernières. Je crois que c’est le fait de me mêler à leur vie ou de porter leurs revendications qui m’a permis de me retrouver en politique.

 

  • Deuxième sur la liste du parti socialiste, dans quel échevinat exercez-vous aujourd’hui ?

Je reste échevine de la culture. Je suis toujours présidente du centre culturel le Senghor, et j’ai en plus une grosse compétence qui est l’enseignement.  C’est une des plus grosses compétences dans les échevinats parce qu’il réunit l’enseignement fondamental, artistique, spécialisé et l’enseignement secondaire. J’ai aussi l’échevinat des sports (politiques sportives dans la commune). Les bibliothèques et le patrimoine ont été rajoutés. Je repars donc avec un échevinat beaucoup plus grand qui entraine forcement les challenges plus importants.

  • Vous avez mis en place dans votre commune un projet de lunetterie sociale. En quoi cela consiste-t-il ?

Le projet a été mis sur pied dans le cadre de l’échevinat de la santé. Etant en même temps médecin ophtalmologue, je me suis dit qu’il fallait laisser mes empreintes sur le cas des personnes précarisées. Car je trouvais qu’il y’avait une injustice. J’ai pensé à une initiative, qui s’est avérée une solution deux en un.  L’idée consistait à permettre à ces personnes  d’être outillées sur le plan du matériel optique. Il était important de se soustraire du gaspillage en évitant de jeter les montures en bon état et les recycler. Cela pour permettre non seulement de lutter contre la pauvreté, mais aussi de protéger l’environnement.

 

  • On dit de vous que, vous êtes une femme politique qui ne fait pas la politique politicienne…est-ce vrai ?

C’est vrai, malheureusement. Je croyais qu’après six ans de vie politique, j’allais pouvoir dire oui quand il faut dire non ou inventer des choses. Malheureusement, je n’ai pas su changer ma nature. Je préfère m’en tenir à mon bilan qui est plutôt axé sur les réalisations. Dans le cadre de la culture par exemple, j’ai mis en place un parcours d’artistes d’Etterbeek qui, au-delà de l’accès à la culture ou la vitrine pour les artistes, permet surtout la cohésion sociale. Il crée un lien durable entre les personnes qui se rencontrent pour partager leur richesse (la culture) ou leur passion pour l’art. C’est un projet qui, pour moi, a atteint son but. De même, au Senghor j’ai eu la chance en tant que présidente d’initier cette année : « année de l’Afrique ». Tous les projets qui portent sur l’Afrique sont étudiés puis mis en avant. Je crois que tout cela  permet à nos jeunes enfants nés ici et qui sont d’origine immigrée de pouvoir s’identifier. Et porter un regard nouveau sur l’Afrique et ses richesses.

 

  • Vous arrive-t-il d’être abordé par les jeunes qui voudraient se lancer dans la politique ?

J’ai rencontré des jeunes qui voulaient se lancer dans la politique et à chaque fois je les ai encouragés. Je crois que beaucoup vont se reconnaitre dans ce que je suis en train de dire, surtout les femmes. Je leur dis à chaque fois que s’ils éprouvent le besoin de venir en aide aux gens, ils ont leur place dans la politique. Je me fais toujours un plaisir de répondre si besoin est. Car j’estime que la politique est un trajet semé d’embuches.

 

  • Vos ambitions politiques?

Comme je vous disais, je suis arrivée en politique sans stratégie. Mon avenir, je le vois plus dans les réalisations. Mes ambitions premières seraient de continuer de défendre mes idées. Si je peux renforcer les projets qui permettent de soutenir les personnes défavorisées ce serait l’idéal. Cela dit, j’aimerais aussi permettre à toute personne intéressée par la politique de pouvoir avancer. Je serai en effet, très fière de voir quelqu’un que j’ai tenu par la main, arriver plus haut dans les échelons.

 

  • Un conseil pour les jeunes femmes ?

Les femmes ont beaucoup d’atouts et leur charme en fait partie. Les grandes princesses dans le temps comme Néfertiti ou Cléopâtre ont usé de ce charme. C’est vrai, pour certaines femmes c’est une honte, mais elles ne devraient pas voir les choses ainsi. Si les hommes usent de tout leur arme pourquoi pas nous ? Je ne leur demande pas d’aller se prostituer. Il faut garder ses valeurs, son intégrité et sa dignité. Mais elles doivent savoir qu’elles ont beaucoup de capacité qu’elles n’utilisent pas suffisamment. Le mot d’ordre, ne pas douter.

 

  • Un mot pour le Guide Africain ?

Le guide africain pour moi c’est la référence en Belgique. Il est vraiment important que nous sachons comment nous retrouver. C’est ce que fait le Guide Africain qui est le reflet de ce que la communauté d’origine africaine est bien implantée en Belgique et qu’on représente une richesse. Il est la preuve que nous avons mis nos empreintes et travaillons d’arrache pieds pour améliorer le confort des citoyens. Je vous félicite d’avoir pu faire cela de façon sérieuse.

Adresse :

Avenue Auderghem 113

1040 Etterbeek

Tel : 02 627 23 53

Secretaire : 02 627 23 14

Email : CNjomgang-Fonkeu@etterbeek.be

www.etterbeek.be

 

 

Hanelore Fotso pour le Guide Africain

15 avril 2019 / Par / dans ,
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4ième édition du Guide Africain ,une meilleure visibilité de la dynamique entrepreneuriale africaine

Donner une meilleure visibilité aux entreprises de la communauté africaine, quelque soit le secteur( médical, paramédical, assurances, horeca, médias, transport, …, ), aux élus et personnalités politiques, aux associations et aux prestataires de services, mais aussi créer un espace de rencontre entre professionnels des différents corps de métiers et le grand public pour établir des ponts, développer ensemble des synergies et des projets de développement, tels sont les grands objectifs auxquels s’attèlent depuis plus de 4 ans, les fondateurs du « Guide Africain », Serges Francis Ngunda et Hugues Richepin Njeugna.
La présentation de la 4ème édition du Guide Africain (GA) qui a eu lieu jeudi 16 mars 2017 à Molenbeek Saint-Jean, une des 19 communes que compte la ville de Bruxelles était à la hauteur de toutes les attentes.

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